Et là, vous vous dites : "miracle! Un article!!"
Oui. Mais non. Ceci ne sera pas un énième article racontant ma petite vie sans intérêt. Ou plutôt si, mais seulement pour vous expliquer pourquoi je n'ai plus posté depuis mon retour à Lille.
Tout d'abord, j'ai une vie sociale beaucoup plus épanouie que celle que j'avais l'année dernière. Encore faut-il que j'en aie eu une au cours d'une année où je me sentais perdue, sans amis véritables (à part une), et où chaque semaine qui passait n'était pour moi qu'une façon d'accéder à ce dont j'avais vraiment envie : le master. Et quand je parle de tout ça, je ne parle pas de Besançon. J'y ai des amis tous plus incroyables les uns que les autres.
Oui, cette année est merveilleuse : j'ai rencontré des gens vraiment géniaux, l'ambiance de classe est plus que très bonne. Résultat : je passe plus de temps à discuter avec ces personnes qu'à écrire sur mon blog...
Le boulot. Je fais un master professionnel, ce qui implique environ 30 heures par semaine. Sans compter le boulot à la maison, les révisions, les exposés divers et variés... Vous allez me dire que c'est le cas de tout le monde. Oui, mais ce n'est pas pour autant que ce n'est pas une bonne raison pour délaisser un blog qu'il faut entretenir régulièrement...
Le recul : pour ceux qui ne le sauraient pas, je suis en master Information, Communication, Documentation, mention Sciences de l'Information et du Document. J'ai donc l'occasion de m'intéresser de très près à internet, et de prendre un peu de recul face à ce que c'est. Quand je vois fleurir les blogs sur internet, tous plus remplis de fautes d'orthographe les uns que les autres, je me dis : "quelle légitimité ai-je au milieu de toutes ces personnes? Est-ce que je vaux vraiment mieux qu'elles? Ma vie et mes avis sont-ils si importants pour que je sois en mesure de croire qu'ils peuvent intéresser quelqu'un?"
Je ne le crois pas. Car au fond, qu'est-ce qu'internet? Pourquoi crée-t-on blog? Pour certains, il s'agit de faire partager une passion, d'échanger des points de vue sur des sujets importants. Mais pour les autres, ce n'est qu'une façade, un environnement numérique et abstrait dans lequel on se réfugie pour obtenir la légitimité que l'on n'arrive pas à acquérir dans la vie réelle. On devient tout à coup un être exceptionnel : on a des amis, on nous laisse des commentaires, on nous porte de l'intérêt.
Mais derrière tous ces mots, qui peut savoir qui nous sommes vraiment? La personne appréciée dernière notre écran, pourrait-on l'apprécier dans la vie réelle? Pourquoi un tel besoin de reconnaissance? C'est à celui qui aura le pus de visites ou le plus de commentaires. Et alors? Qu'est-ce que cela prouve? Faut-il vraiment être fier d'avoir du succès dans une société où la plupart des bloggeurs s'expriment en kikoulol?
Je ne remets pas en cause la véritable motivation de certaines personnes à vouloir faire passer un message ou à donner leur avis sur quelque chose qui pourrait intéresser un éventuel lecteur. Je ne remets pas non plus en cause les avantages d'internet. C'est un outil très utile, dont je suis appelée à me servir souvent dans mon futur métier. Mais ai-je vraiment envie qu'une partie de moi, aussi infime et peu connue soit-elle, soit disponible d'un simple clic? Notre société prône suffisamment la volonté d'accéder immédiatement et rapidement à tout. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas discuter ou surfer sur internet. Au contraire. Je doute simplement qu'il soit nécessaire que ce que je pense puisse être lu par n'importe qui. En plus de cela, ce que j'ai à dire ne recèle pas une valeur immense. Je ne suis personne.
Mais encore? Prenons l'exemple de facebook. Un bel exemple d'exhibitionnisme et de voyeurisme. Non, je n'ai pas peur des mots. D'un côté, une personne qui poste les 300 photos qu'elle a prise pendant sa soirée et auxquelles tout le monde peut avoir accès. De l'autre, un lecteur qui se ballade sur les profils de tel ou tel personne, regardant qui est avec qui, lesquels ont rompu, ce qu'a fait telle personne à telle heure précise. J'ai eu l'occasion de naviguer sur facebook à travers le compte d'une amie. Je me suis sentie gênée. J'avais l'impression d'entrer dans l'intimité des personnes. Une intimité qui m'était offerte, sans que j'aie quoique ce soit à demander... Est-ce ça les réseaux sociaux? Les communautés virtuelles? On offre sa vie sur un plateau et on attend que les gens commentent. "Et oui, vous voyez, moi j'ai une vie, moi j'ai des amis, moi je fais 300 photos pendant ma soirée, moi j'ai une vie sociale". La boucle est bouclée. Ma vie sociale, ce n'est pas celle que je veux dévoiler derrière un écran d'ordinateur. Certes, je veux garder contact avec les personnes que j'apprécie, et je me sers des outils comme msn pour parler avec ces personnes. Mais je ne veux pas être un blog, je ne veux pas être un écran derrière lequel vous lirez des mots qui vous inspirerons tel ou tel sentiment à mon sujet.
Jalousie? Cynisme? Non, réalisme. Je n'ai pas la prétention de me croire supérieur à qui que ce soit parce que je critique le fonctionnement d'internet. Et peut importe ce que l'on pourra penser de moi à la lecture de ce billet. Je ne suis pas là pour justifier ma façon de penser, je suis là pour la faire partager, dans un univers où tout est conditionné. Et cet univers, j'en fais partie aussi, au même titre que n'importe quel internaute. J'en dépends, j'y suis accro, j'y surfe... Moi aussi, quand j'ai créé ce blog, j'ai cru que j'avais des choses à dire. Mais quelle valeur ont ces choses face à ce qui nous entoure, face aux bouleversements que subit notre monde? Ce blog ne me tenait pas à coeur depuis un certain temps. A votre tour, demandez-vous si votre blog vous tient à coeur. Si la réponse est oui, alors surtout ne vous arrêtez jamais de faire passer vos idées. Car la valeur d'un blog ne dépend pas forcément de ce qu'il contient, mais plutôt de la conviction avec laquelle l'auteur a écrit ce qu'on peut y lire. Rappelez-vous simplement que derrière votre écran, chaque fois que vous lirez des mots, il y aura quelqu'un.
Désormais, je ne serai plus cet écran. Je suis un être vivant, un être pensant, et je pense que ce que j'ai à dire ou ce que j'ai à montrer, ce n'est pas sur internet qu'il sera intéressant de le découvrir, mais dans la réalité.
Oui. Mais non. Ceci ne sera pas un énième article racontant ma petite vie sans intérêt. Ou plutôt si, mais seulement pour vous expliquer pourquoi je n'ai plus posté depuis mon retour à Lille.
Tout d'abord, j'ai une vie sociale beaucoup plus épanouie que celle que j'avais l'année dernière. Encore faut-il que j'en aie eu une au cours d'une année où je me sentais perdue, sans amis véritables (à part une), et où chaque semaine qui passait n'était pour moi qu'une façon d'accéder à ce dont j'avais vraiment envie : le master. Et quand je parle de tout ça, je ne parle pas de Besançon. J'y ai des amis tous plus incroyables les uns que les autres.
Oui, cette année est merveilleuse : j'ai rencontré des gens vraiment géniaux, l'ambiance de classe est plus que très bonne. Résultat : je passe plus de temps à discuter avec ces personnes qu'à écrire sur mon blog...
Le boulot. Je fais un master professionnel, ce qui implique environ 30 heures par semaine. Sans compter le boulot à la maison, les révisions, les exposés divers et variés... Vous allez me dire que c'est le cas de tout le monde. Oui, mais ce n'est pas pour autant que ce n'est pas une bonne raison pour délaisser un blog qu'il faut entretenir régulièrement...
Le recul : pour ceux qui ne le sauraient pas, je suis en master Information, Communication, Documentation, mention Sciences de l'Information et du Document. J'ai donc l'occasion de m'intéresser de très près à internet, et de prendre un peu de recul face à ce que c'est. Quand je vois fleurir les blogs sur internet, tous plus remplis de fautes d'orthographe les uns que les autres, je me dis : "quelle légitimité ai-je au milieu de toutes ces personnes? Est-ce que je vaux vraiment mieux qu'elles? Ma vie et mes avis sont-ils si importants pour que je sois en mesure de croire qu'ils peuvent intéresser quelqu'un?"
Je ne le crois pas. Car au fond, qu'est-ce qu'internet? Pourquoi crée-t-on blog? Pour certains, il s'agit de faire partager une passion, d'échanger des points de vue sur des sujets importants. Mais pour les autres, ce n'est qu'une façade, un environnement numérique et abstrait dans lequel on se réfugie pour obtenir la légitimité que l'on n'arrive pas à acquérir dans la vie réelle. On devient tout à coup un être exceptionnel : on a des amis, on nous laisse des commentaires, on nous porte de l'intérêt.
Mais derrière tous ces mots, qui peut savoir qui nous sommes vraiment? La personne appréciée dernière notre écran, pourrait-on l'apprécier dans la vie réelle? Pourquoi un tel besoin de reconnaissance? C'est à celui qui aura le pus de visites ou le plus de commentaires. Et alors? Qu'est-ce que cela prouve? Faut-il vraiment être fier d'avoir du succès dans une société où la plupart des bloggeurs s'expriment en kikoulol?
Je ne remets pas en cause la véritable motivation de certaines personnes à vouloir faire passer un message ou à donner leur avis sur quelque chose qui pourrait intéresser un éventuel lecteur. Je ne remets pas non plus en cause les avantages d'internet. C'est un outil très utile, dont je suis appelée à me servir souvent dans mon futur métier. Mais ai-je vraiment envie qu'une partie de moi, aussi infime et peu connue soit-elle, soit disponible d'un simple clic? Notre société prône suffisamment la volonté d'accéder immédiatement et rapidement à tout. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas discuter ou surfer sur internet. Au contraire. Je doute simplement qu'il soit nécessaire que ce que je pense puisse être lu par n'importe qui. En plus de cela, ce que j'ai à dire ne recèle pas une valeur immense. Je ne suis personne.
Mais encore? Prenons l'exemple de facebook. Un bel exemple d'exhibitionnisme et de voyeurisme. Non, je n'ai pas peur des mots. D'un côté, une personne qui poste les 300 photos qu'elle a prise pendant sa soirée et auxquelles tout le monde peut avoir accès. De l'autre, un lecteur qui se ballade sur les profils de tel ou tel personne, regardant qui est avec qui, lesquels ont rompu, ce qu'a fait telle personne à telle heure précise. J'ai eu l'occasion de naviguer sur facebook à travers le compte d'une amie. Je me suis sentie gênée. J'avais l'impression d'entrer dans l'intimité des personnes. Une intimité qui m'était offerte, sans que j'aie quoique ce soit à demander... Est-ce ça les réseaux sociaux? Les communautés virtuelles? On offre sa vie sur un plateau et on attend que les gens commentent. "Et oui, vous voyez, moi j'ai une vie, moi j'ai des amis, moi je fais 300 photos pendant ma soirée, moi j'ai une vie sociale". La boucle est bouclée. Ma vie sociale, ce n'est pas celle que je veux dévoiler derrière un écran d'ordinateur. Certes, je veux garder contact avec les personnes que j'apprécie, et je me sers des outils comme msn pour parler avec ces personnes. Mais je ne veux pas être un blog, je ne veux pas être un écran derrière lequel vous lirez des mots qui vous inspirerons tel ou tel sentiment à mon sujet.
Jalousie? Cynisme? Non, réalisme. Je n'ai pas la prétention de me croire supérieur à qui que ce soit parce que je critique le fonctionnement d'internet. Et peut importe ce que l'on pourra penser de moi à la lecture de ce billet. Je ne suis pas là pour justifier ma façon de penser, je suis là pour la faire partager, dans un univers où tout est conditionné. Et cet univers, j'en fais partie aussi, au même titre que n'importe quel internaute. J'en dépends, j'y suis accro, j'y surfe... Moi aussi, quand j'ai créé ce blog, j'ai cru que j'avais des choses à dire. Mais quelle valeur ont ces choses face à ce qui nous entoure, face aux bouleversements que subit notre monde? Ce blog ne me tenait pas à coeur depuis un certain temps. A votre tour, demandez-vous si votre blog vous tient à coeur. Si la réponse est oui, alors surtout ne vous arrêtez jamais de faire passer vos idées. Car la valeur d'un blog ne dépend pas forcément de ce qu'il contient, mais plutôt de la conviction avec laquelle l'auteur a écrit ce qu'on peut y lire. Rappelez-vous simplement que derrière votre écran, chaque fois que vous lirez des mots, il y aura quelqu'un.
Désormais, je ne serai plus cet écran. Je suis un être vivant, un être pensant, et je pense que ce que j'ai à dire ou ce que j'ai à montrer, ce n'est pas sur internet qu'il sera intéressant de le découvrir, mais dans la réalité.
